Installer GLPI 11 : de la VM Debian nue à un support IT qui tient debout
2026-07-29
J'avais envie de tester un vrai outil de gestion de parc informatique — pas juste pour poser des tickets, mais pour structurer un support digne de ce nom. GLPI s'est imposé assez naturellement : libre, mature, et sérieusement complet une fois qu'on prend le temps de bien le monter. Voici comment je suis parti d'une VM Debian toute nue jusqu'à une instance GLPI 11 opérationnelle.
Préparer le terrain
Tout commence par une VM Debian fraîche, avec les paquets de base à jour :apt update && apt upgrade -y
GLPI a besoin d'un serveur web, de PHP et d'une base de données. J'ai opté pour le combo classique Apache, PHP 8.x et MariaDB :
apt install -y apache2 mariadb-server php php-cli php-mysql php-curl php-gd php-intl php-mbstring php-xml php-zip php-bz2 php-ldap php-apcu unzip wget
Une fois l'installation terminée, un petit réflexe santé : vérifier que les services tournent bien.
systemctl status apache2
systemctl status mariadb
Sécuriser la base de données
Avant d'aller plus loin, on sécurise l'installation MariaDB par défaut (mot de passe root, suppression des comptes anonymes, désactivation de la connexion root distante) :mysql_secure_installation
Puis on crée la base et l'utilisateur dédiés à GLPI :
mysql -u root -p
CREATE DATABASE glpidb CHARACTER SET utf8mb4 COLLATE utf8mb4_unicode_ci;
CREATE USER 'glpiuser'@'localhost' IDENTIFIED BY 'un_mot_de_passe_solide';
GRANT ALL PRIVILEGES ON glpidb.* TO 'glpiuser'@'localhost';
FLUSH PRIVILEGES;
EXIT;
Le point à ne pas zapper ici : l'encodage utf8mb4. GLPI en a besoin pour gérer correctement les accents et caractères spéciaux — un mauvais choix à cette étape se traite beaucoup moins bien une fois la base remplie de données.
Télécharger et installer GLPI
Direction le dossier web, et récupération de la dernière version stable depuis le dépôt officiel :
cd /var/www
wget https://github.com/glpi-project/glpi/releases/latest/download/glpi-x.x.x.tgz
tar -xzf glpi-x.x.x.tgz
chown -R www-data:www-data glpi
Configuration d'un virtual host Apache dédié :
nano /etc/apache2/sites-available/glpi.conf
ServerName glpi.mondomaine.local
DocumentRoot /var/www/glpi/public
AllowOverride All
Require all granted
Puis activation du site et du module de réécriture d'URL :
a2ensite glpi.conf
a2enmod rewrite
systemctl reload apache2
À partir de là, tout se passe dans le navigateur, à l'adresse du serveur. L'assistant d'installation de GLPI 11 guide pas à pas : vérification des prérequis PHP, connexion à la base de données (les identifiants créés plus haut), création du compte administrateur.
Une fois l'installation validée, GLPI recommande de supprimer le fichier d'installation pour des raisons de sécurité :
rm /var/www/glpi/install/install.php
Petit point utile pour la suite : GLPI 11 gère les tâches automatiques (nettoyage, notifications, calculs de SLA) via une commande en ligne de commande dédiée, à programmer en tâche planifiée plutôt que de compter sur le cron intégré au navigateur :
crontab -e
Et on ajoute une ligne qui exécute les tâches automatiques toutes les minutes :
* * * * www-data /usr/bin/php /var/www/glpi/bin/console glpi:cron > /dev/null 2>&1
Pourquoi s'embêter avec une vraie méthodologie
Une fois l'outil en route, la tentation est grande de commencer à créer des tickets dans tous les sens, sans réfléchir à la structure derrière. C'est là qu'un peu de culture ITIL aide vraiment. ITIL, en résumé, c'est un ensemble de bonnes pratiques pour organiser un support informatique de façon cohérente : catégoriser correctement les demandes, distinguer un incident (quelque chose qui casse) d'une demande de service (quelque chose qu'on souhaite obtenir), suivre des délais engageants, et garder une trace exploitable de ce qui a été fait.
Pas besoin d'être certifié ITIL pour en tirer profit. Même appliqués de façon pragmatique, ces principes transforment un outil de tickets basique en un vrai système de support, avec une vision claire de ce qui se passe et pourquoi.
Et maintenant
L'instance tourne, la base est propre, les tâches automatiques sont programmées. La suite logique — structurer les catégories, créer des modèles de tickets, définir des règles métier et des SLA — mérite un article à part entière. Pour l'instant, la fondation est posée, et c'est déjà une bonne partie du travail.